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Questions que la communauté internationale devra affronter une fois que la poussière de la guerre se sera dissipée

Depuis le 7 octobre 2023, la Palestine est le théâtre d’une situation tragique en cours. La Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui représente plus de 600 000 journalistes dans 150 pays, a documenté la mort de 138 journalistes en 2023. Parmi eux, 127 journalistes palestiniens, 5 au Liban, 4 en Israël et 1 en Syrie, marquant la plus grande perte de l’histoire du journalisme.

En comparaison, le conflit entre l’Ukraine et la Russie a entraîné la mort de 18 journalistes sur une période de 32 mois. Des enquêtes menées par la FIJ en collaboration avec le Syndicat des journalistes palestiniens ont révélé que, depuis octobre 2023, l’armée israélienne a délibérément ciblé de nombreux journalistes, en violation manifeste du droit international. En réaction, la FIJ a appelé au respect des lois humanitaires internationales, mais cela n’a eu aucun impact.

La guerre contre Gaza, qui s’est étendue au Liban, est le résultat des politiques du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui méprise tous les accords internationaux. Bien qu’il prononce des discours à l’Organisation des Nations Unies où il évoque la lutte contre le terrorisme, de multiples rapports internationaux – remontant aux guerres menées par les États-Unis en Irak et en Afghanistan – confirment que les attaques indiscriminées contre le terrorisme sont inefficaces. Au contraire, elles consolident l’extrémisme et engendrent des générations d’individus rancuniers qui embrassent la haine.

Depuis octobre 2023, la FIJ a intensifié ses appels à l’ONU pour réclamer un cessez-le-feu, visant à évacuer les civils de la bande de Gaza, qui s’étend sur environ 365 kilomètres carrés, soit environ un tiers de la superficie de Paris. Ils ont également demandé une aide humanitaire urgente ainsi que la protection des journalistes travaillant sur le terrain.

Cependant, tous ces efforts ont échoué, malgré les efforts continus du secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Au contraire, Israël a reçu l’ordre de poursuivre ses frappes et opérations militaires, bénéficiant d’un financement important des États-Unis (68 %) et de l’Allemagne (30 %).

Déshumanisation

Concernant la couverture médiatique à la suite de l’attaque mortelle du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de plus de 1 200 personnes, la FIJ a appelé à une vérification rigoureuse des faits à la lumière de la propagation de « fausses nouvelles », telles que les allégations de « enfants décapités ». Les débats au sein des rédactions se sont intensifiés, avec des accusations de biais soit en faveur de la cause palestinienne, soit en faveur d’Israël, conduisant à une autocensure dans la couverture médiatique et à une déshumanisation complète des Palestiniens dans de nombreux rapports.

En l’absence de sources externes fiables, les plateformes de médias sociaux sont devenues le seul moyen pour les journalistes à Gaza de partager leurs souffrances quotidiennes avec le monde, malgré les risques et le manque d’équipements essentiels.

Du côté israélien, les médias tendent à soutenir les opérations militaires contre les Palestiniens. Une journaliste israélienne a déclaré à l’AFP dans une interview qu’elle travaillait pour soutenir les forces israéliennes « protégeant le pays contre des terroristes abominables et les massacres qu’ils ont commis ». S’agit-il d’une autocensure ou d’une propagande ? Malgré la censure et la pression, certains journalistes, heureusement, continuent d’accomplir leurs devoirs avec un grand professionnalisme, rapportant la vérité depuis Gaza sur la base d’une vérification minutieuse auprès de sources officielles des deux côtés.

Centres de solidarité médiatique

Face à la tragique situation à Gaza, la FIJ, en coopération avec le Syndicat des journalistes palestiniens, a collecté des centaines de milliers d’euros pour soutenir les journalistes palestiniens. Le premier centre de solidarité médiatique a été ouvert en juillet 2023 dans le sud de la bande de Gaza, spécifiquement à Khan Younis. Bien que le nombre de centres soit limité, ils jouent un rôle essentiel dans la protection et le soutien des journalistes travaillant dans la région.

À l’approche du premier anniversaire de l’attaque, il est clair que la guerre sur Gaza a dépassé la capacité de gestion de l’ONU, tout comme la Seconde Guerre mondiale a submergé la Société des Nations en 1946.

Le Conseil de sécurité de l’ONU est paralysé, incapable de confronter le gouvernement de Netanyahu, qui agit sans crainte de responsabilité et jouit d’une impunité. Lorsque la poussière de la guerre se dissipera, la communauté internationale — si une telle « communauté internationale » divisée existe encore — sera perçue comme ayant échoué à remplir ses responsabilités. Des mesures décisives doivent être prises maintenant avant que la situation ne se détériore davantage. Si la justice internationale joue pleinement son rôle, les dirigeants israéliens doivent être tenus responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qu’ils ont commis. Nul ne saurait échapper à la responsabilité s’il a été complice ou s’il a soutenu ces crimes.

« À part le soutien de nos frères et sœurs de la FIJ, nous n’attendons plus rien de personne. Nous avons perdu tant de choses, et nous n’avons plus rien à perdre, pas même nos vies. ‘S’il existe un enfer, nous y vivons maintenant. C’est un véritable massacre, difficile à croire,’ » a déclaré un journaliste palestinien à Gaza en septembre 2023.

Mohamed SAKHRI

Je suis Mohamed Sakhri, fondateur de World Policy Hub. Je suis titulaire d’une licence en science politique et relations internationales, ainsi que d’un master en études de sécurité internationale. Mon parcours académique m’a offert une solide base en théorie politique, affaires mondiales et études stratégiques, me permettant d’analyser les défis complexes auxquels sont confrontés aujourd’hui les États et les institutions politiques.

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