PolitiqueSécurité

La sécurité hydrique, défis de développement et enjeux de stabilité – Etude d’un cas: l’expérience algérienne

La sécurité hydrique, constitue désormais l’enjeu vital du 21ème siècle. Deux milliards de personnes vivent dans les pays soumis à un stress hydriqueélevé et environ quatre milliards de personnes font face à une grave pénurie d’eau au moins un mois par an soit trois personnes sur dix n’ont pas accès à l’eau potable en toute sécurité. Pourtant, la terre ne manque pas d’eau, avec 72% de la surface de la planète recouverte. Nonobstant les efforts consentis par la communauté internationale pour garantir aux peuples l’accès à l’eau en quantité suffisante et en toute sécurité, le contexte de disponibilité (changement climatique/pollution des sources d’eau), face au contexte de la rareté (croissance démographique/urbanisation accélérée), créée un déséquilibre entre l’offre et la demande en eau potable du fait de la limite de l’offre face à la croissance de la demande, influant considérablement la sécurité hydrique des pays.

Le seul élément qui reste déterminant dans cette équation et qui intervient dans l’équilibre de l’offre et la demande pour s’inscrire dans la « durabilité », c’est-à-dire la capacité des pays à répondre durablement à la demande en eau potable pour satisfaire les besoins actuels et futurs est « le changement dans les modes de consommations ». Ce grand défi à affronter collectivement, place l’eau, au rang de ressource stratégique indispensable et positionne, par ricochet la sécurité hydrique au rang des sujets en relation directe avec la sécurité nationale des pays. Neufs pays partagent 60% des ressources mondiales en eau, dix-sept pays sont proches de la pénurie d’eau tandis que 27 autres ont un risque « élevé » de stress hydrique. Ceci ouvre la porte aux conflits.

L’alerte vient de l’OTAN qui a déclaré que les prévisions à long terme sur la sécurité alimentaire et de l’approvisionnement en eau dans la région MENA (Moyen-Orient/Afrique du Nord) sont désastreuses, aggravées par le changement climatique et les pénuries d’aliments provoquant plus de conflits et de migration de masse. De ce fait, la responsabilité des Etats est engagée. L’eau devient ainsi une question vitale de sécurité nationale voire de sécurité régionale. Entre l’hydro politique et l’hydro diplomatie, de nouvelles perspectives de sécurité collective et de paix se dessinent.

L’eau constitue une opportunité pour la paix, et la coopération transfrontalière. 3600 traités internationaux- comportant des dispositions sur l’eau conclus à travers l’histoire, dont plus de 2000 sont encore actifs s’inscrivent dans le palmarès de l’hydro diplomatie. Chaque Etat est appelé à garantir son propre développement durable : de mettre à disposition de chaque citoyen l’eau en quantité suffisante et de qualité pour lui assurer survie et bien-être, d’assurer la sécurité alimentaire, en approvisionnant l’agriculture par une eau destinée à l’irrigation mais aussi garantir l’approvisionnement de l’industrie en quantité d’eau suffisante pour le développement durable. Une mission à assurer avec la contribution des Parties Prenantes et en adaptant un nouveau paradigme dans la gouvernance de l’eau.

Un double défi pour les pays qui se trouvent dans une zone de stress hydrique, comme le cas de l’Algérie qui a classé l’eau parmi ses priorités stratégiques, en engageant un fort investissement, à la fois dans les infrastructures de base, dans la diversification des ressources hydriques et dans le capital humain. Cinquante-cinq milliards de dollars est le montant des investissements engagés par l’Etat dans le secteur de l’Eau depuis les années 2000. Face à une forte demande en eau potable et la limite de l’offre et partant de l’indice de stress hydrique, où l’Algérie se trouve au seuil de la rareté absolue de l’eau avec moins de 500m3 par habitant, l’Algérie assurera-t-elle sa propre sécurité hydrique pour relever le défi du développement durable, le garant de sa stabilité ?

Télécharger la Thèse PDF

Mohamed SAKHRI

Je suis Mohamed Sakhri, fondateur de World Policy Hub. Je suis titulaire d’une licence en science politique et relations internationales, ainsi que d’un master en études de sécurité internationale. Mon parcours académique m’a offert une solide base en théorie politique, affaires mondiales et études stratégiques, me permettant d’analyser les défis complexes auxquels sont confrontés aujourd’hui les États et les institutions politiques.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Bouton retour en haut de la page